
Mon travail est né d’une fascination pour le cycle naturel du vivant. Je m’intéresse à celui-ci comme à un processus en perpétuelle mutation, fait de transformations, de frictions, de décomposition et de disparition. Inspirée par le monde organique, l’anatomie, les animaux et les processus de putréfaction, je perçois ces derniers non comme une fin, mais comme une continuité nécessaire : ce qui se défait nourrit ce qui naît.
Le dessin au graphite constitue le point d’origine de l’exploration de cette thématique infinie. En travaillant la profondeur des gammes de noir et le contraste avec le papier, les scènes de nature prennent vie.
Cette recherche s’est ensuite étendue, en 2020, à la porcelaine papier, médium à travers lequel je développe aujourd’hui un travail sculptural. Cette matière me permet d’immortaliser dans l’espace des formes à la fois étrangement belles et dérangeantes. La porcelaine conserve la mémoire du geste tout en offrant une grande précision formelle. Sa blancheur fantomatique, sa fragilité apparente et sa résistance paradoxale en font un matériau propice à la représentation du vivant et de sa décomposition.
Chaque pièce est une scène figée en action, un fragment de transformation arrêté, entre existence et disparition sublimée. Les sculptures, denses et grouillantes, se situent à la lisière du fantastique. Elles évoquent des scènes silencieuses, chargées de symboles universels inscrits dans nos imaginaires collectifs. Je cherche à révéler la beauté fragile de formes souvent ignorées, à tous les stades de leur existence, traduisant un mouvement lent, organique, parfois imperceptible mais constant.